Les jaquettes de jeux les plus ratées de l’histoire sont celles de Mega Man, Phalanx, Metal Gear (NES), Ironsword et Final Fantasy premier du nom : des pochettes si laides, si mal dessinées ou si éloignées du jeu qu’elles sont devenues cultes… par accident. À l’âge d’or du retro gaming, l’illustration de boîte était parfois bâclée en quelques heures, confiée à un artiste n’ayant jamais vu une seule image du jeu, ou pire : carrément copiée sur une photo d’acteur.
Le résultat ? Des générations entières de joueurs trahis au moment de l’achat. Tu rêvais d’un robot héroïque, tu repartais avec un bonhomme jaune au pistolet. Mais avec le recul, ces jaquettes ratées sont devenues des pièces de collection, des mèmes et même des blagues officielles des éditeurs. Voici notre classement affectueusement cruel des vingt pires covers de l’histoire du jeu vidéo.
Pourquoi les jaquettes rétro étaient-elles si moches ?
Dans les années 80 et 90, l’illustration de jaquette était un art de contrainte. Les éditeurs occidentaux recevaient souvent le jeu japonais sans aucun visuel exploitable, avec un délai ridicule pour habiller la boîte avant la sortie. Les artistes travaillaient donc à l’aveugle, à partir d’une vague description, parfois sans jamais lancer le jeu.
À cela s’ajoutaient les différences culturelles : ce qui plaisait au Japon (couleurs pastel, mascottes mignonnes) était jugé trop “enfantin” pour le marché américain, où l’on préférait des muscles, des armes et un style “comic book” musclé. D’où ces covers occidentales radicalement différentes des originales, souvent pour le pire. Ce phénomène de double identité, on l’explore en détail dans notre article sur les jeux au nom différent entre le Japon, les USA et l’Europe.
Preuve que ces ratages sont entrés dans la légende : Capcom a lui-même transformé la jaquette américaine de Mega Man en personnage jouable, le fameux “Bad Box Art Mega Man”, dans Street Fighter X Tekken en 2012. Quand un éditeur assume publiquement sa propre honte et en fait un gag officiel, c’est que la cover est devenue immortelle.
Le tableau récapitulatif des 20 jaquettes ratées

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| Rang | Jeu | Console | Année | Le problème |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Mega Man | NES | 1987 | Rien ne ressemble au jeu |
| 2 | Phalanx | Super Nintendo | 1992 | Un papy au banjo sur un shoot spatial |
| 3 | Mega Man 2 | NES | 1988 | Pistolet laser et proportions étranges |
| 4 | Ironsword | NES | 1989 | Le mannequin Fabio en couverture |
| 5 | Metal Gear | NES | 1988 | Une photo d’acteur détournée |
| 6 | Final Fantasy | NES | 1990 | Guerrier hors-sujet et figé |
| 7 | Bubsy | Mega Drive / SNES | 1993 | Chat criard et agressif |
| 8 | Rambo | NES | 1988 | Stallone méconnaissable |
| 9 | Action 52 | NES | 1991 | Collage chaotique de 52 jeux |
| 10 | Castlevania II | NES | 1988 | Simon méconnaissable |
| 11 | Double Dragon III | NES | 1991 | Illustration ratée et plate |
| 12 | Last Battle | Mega Drive | 1989 | Ken censuré en bodybuilder générique |
| 13 | Mystic Defender | Mega Drive | 1989 | Cover charcutée par la censure |
| 14 | Super Pitfall | NES | 1987 | Décor fade et sans âme |
| 15 | Silver Surfer | NES | 1990 | Surfeur rigide et terne |
| 16 | Deadly Towers | NES | 1986 | Héros perdu dans le vide |
| 17 | Shaq Fu | Multi | 1994 | Shaquille O’Neal en justicier |
| 18 | Crazy Bus | Mega Drive | 2004 | Un bus. Juste un bus. |
| 19 | Cho Aniki | PC Engine | 1992 | WTF musculaire assumé |
| 20 | Pit-Fighter | Multi | 1990 | Photos numérisées hideuses |
1. Mega Man (NES, 1987) — La reine incontestée des covers ratées

Il n’y a pas de débat : Mega Man sur NES possède la jaquette la plus moquée de l’histoire. Le héros bleu y est peint en jaune et bleu, avec un visage d’adulte bouffi, un pistolet qu’il n’utilise jamais dans le jeu, et un décor générique digne d’un téléfilm. Rien, absolument rien, ne correspond au robot adorable qu’on dirige à l’écran.
La légende tenace raconte que l’artiste n’aurait eu que quelques heures et aucune référence visuelle. Le résultat est si mauvais qu’il est devenu culte. Pour redécouvrir la vraie magie du Blue Bomber, file vers notre classement des meilleurs jeux Mega Man.
2. Phalanx (Super Nintendo, 1992) — Le papy au banjo
Imagine : tu achètes un shoot’em up spatial nerveux, rempli de vaisseaux et d’aliens. Et sur la boîte de la version américaine… trône un vieil homme barbu en salopette, assis sur un tabouret, jouant du banjo. Aucun rapport. Pas un vaisseau. Pas une étoile.
Cette décision marketing reste l’une des plus inexplicables du jeu vidéo. Phalanx est pourtant un bon shmup, mais sa cover restera son héritage principal. Un sommet d’absurde sur Super Nintendo.
3. Mega Man 2 (NES, 1988) — La récidive
Capcom n’a pas retenu la leçon tout de suite. La jaquette américaine de Mega Man 2 remet ça : un robot aux proportions bizarres, brandissant un pistolet laser peint à la main, dans un style “peinture d’aéroport” criard. C’est un cran au-dessus du premier, mais ça reste un ratage magnifique.
Le plus drôle ? Le jeu est l’un des meilleurs de la NES, à savourer parmi notre top des meilleurs jeux NES de tous les temps.
4. Ironsword: Wizards & Warriors II (NES, 1989) — Fabio en personne
Voici une cover restée célèbre pour une raison inattendue : Acclaim a fait poser le mannequin Fabio Lanzoni en personne, torse nu et chevelure au vent, pour incarner le héros. Le célèbre modèle des romans à l’eau de rose figure littéralement sur la jaquette d’un jeu NES.
Le résultat est aussi kitsch que fascinant. Une pochette qui en dit long sur le marketing musclé des années 80 et son obsession du héros viril.
5. Metal Gear (NES, 1988) — Le faux Snake

La version NES occidentale de Metal Gear cache un secret savoureux. Selon de nombreuses analyses de la presse spécialisée, l’illustration de Solid Snake serait en réalité une image détournée de l’acteur Michael Biehn (Kyle Reese dans Terminator). Cerise sur le gâteau : l’arme mise en avant ressemble à un missile de croisière, qui n’a rien à voir avec le “Metal Gear” du titre.
Un plagiat involontairement comique pour un jeu culte. Les fans d’infiltration retrouveront la saga dans notre top des meilleurs Metal Gear.
6. Final Fantasy (NES, 1990) — Le guerrier figé
Quand Final Fantasy débarque en Occident, sa cover met en avant un guerrier blond raide comme un piquet, posé sur fond uni, sans aucune des créatures magiques ou des paysages épiques qui font la saga. Difficile de croire qu’il s’agit du premier chapitre de l’une des plus grandes licences de JRPG.
L’illustration originale de Yoshitaka Amano, bien plus belle, avait été écartée pour le marché américain. Dommage. Plonge dans la vraie saga via notre panthéon des Final Fantasy rétro.
7. Bubsy (Mega Drive / SNES, 1993) — Le chat qu’on adore détester
Mascotte opportuniste de l’ère 16-bit, Bubsy le bobcat affiche une jaquette aussi criarde que son personnage est agaçant : couleurs flashy, sourire forcé, pose “attitude” qui sentait déjà le has-been. La cover résume tout ce qu’on reprochait aux mascottes de l’époque.
Elle est devenue l’emblème d’une décennie saturée de clones de Sonic. Un ratage générationnel plus qu’un simple accident graphique.
8. Rambo (NES, 1988) — Stallone méconnaissable
Acclaim adaptait le film Rambo sur NES, et pour la jaquette, a tenté de reproduire le visage de Sylvester Stallone. Le résultat ? Un portrait tellement raté que le héros est totalement méconnaissable, avec une expression figée et des proportions étranges.
Un classique des adaptations bâclées. D’ailleurs, quand le cinéma rencontre le pixel, le pire n’est jamais loin, comme le raconte notre dossier sur les pires adaptations de films en jeux vidéo.
9. Action 52 (NES, 1991) — Le chaos à 199 dollars
Action 52 proposait 52 jeux non officiels sur une seule cartouche, vendue à un prix exorbitant. Et sa jaquette est à l’image du contenu : un collage chaotique de héros génériques, de couleurs qui hurlent et de promesses impossibles à tenir. Chaque jeu était pire que le précédent.
La cover est devenue un symbole de l’arnaque vidéoludique des années NES. Un objet de curiosité pour collectionneurs avertis.
10. Castlevania II: Simon’s Quest (NES, 1988) — Simon méconnaissable
La version occidentale de Simon’s Quest affiche un chasseur de vampires aux traits grossiers, peu flatteurs, loin de la prestance gothique qu’on attend de la saga. L’illustration peinte à la main a mal vieilli, très mal.
Heureusement, le jeu, lui, garde ses défenseurs. Pour trier le meilleur du pire de la série, consulte notre classement des jeux Castlevania du pire au meilleur.
11. Double Dragon III (NES, 1991) — La chute du roi
Après deux beat’em up légendaires, Double Dragon III s’écroule aussi sur sa jaquette : illustration plate, personnages sans énergie, composition molle. On est loin du punch des premiers opus. La cover annonçait, hélas, la baisse de qualité de l’épisode lui-même.
Un rappel cruel qu’une franchise culte peut tout perdre, pochette comprise, en un seul épisode.
12. Last Battle (Mega Drive, 1989) — Ken devenu anonyme

À l’origine, Last Battle est une adaptation de Ken le Survivant (Hokuto no Ken). Mais pour le marché occidental, Sega a effacé toute référence au manga : plus de licence, plus de nom, et sur la jaquette, un bodybuilder générique sans âme remplace le légendaire Kenshiro. La violence du jeu a aussi été adoucie.
Un cas typique de censure et de perte d’identité, un phénomène qu’on détaille dans notre article sur les jeux censurés en Europe.
13. Mystic Defender (Mega Drive, 1989) — La cover charcutée
Autre victime de la censure occidentale : Mystic Defender, dont la jaquette originale japonaise (une jeune femme ligotée sur un autel) a été entièrement refaite et édulcorée pour les États-Unis. Le résultat, bien plus fade, perd tout l’impact visuel voulu par les développeurs.
Un exemple parlant des différences de sensibilité entre les marchés, à redécouvrir dans notre top des meilleurs jeux Mega Drive.
14. Super Pitfall (NES, 1987) — Le vide absolu
Super Pitfall affiche une couverture d’un ennui saisissant : un aventurier perdu dans un décor vert monotone, sans danger apparent, sans relief, sans âme. On dirait un brouillon oublié par l’illustrateur. Le jeu lui-même, frustrant et confus, n’arrangeait rien.
Une pochette qui ne donne tout simplement aucune envie d’appuyer sur start. Le pire des péchés pour une jaquette.
15. Silver Surfer (NES, 1990) — Le héros cosmique en carton

Adapter le Surfeur d’Argent de Marvel aurait pu donner une cover spectaculaire. Résultat : un personnage rigide, terne et mal proportionné, flottant dans un espace vide peu inspiré. Tout le potentiel cosmique du personnage s’évapore.
Le jeu est resté tristement célèbre pour sa difficulté abusive, un sujet qu’on creuse dans notre top des jeux les plus difficiles.
16. Deadly Towers (NES, 1986) — Perdu dans le néant
Deadly Towers propose une jaquette où un héros minuscule semble flotter dans un vide noir, face à une tour à peine esquissée. Composition déséquilibrée, absence totale d’ambiance : difficile de faire plus impersonnel pour un jeu d’action-aventure.
Associée à un gameplay punitif et opaque, cette cover a enterré le titre dans les mémoires. Un oubli mérité, sauf pour les curieux du pire.
17. Shaq Fu (1994) — La star de la NBA en justicier
En pleine folie des jeux de combat, voici Shaq Fu, où la star du basket Shaquille O’Neal affronte des démons dans un univers d’arts martiaux. La jaquette, aussi improbable que le concept, met en scène le géant en posture de kung-fu sérieuse. Le tout est si absurde qu’une communauté entière a longtemps milité pour “détruire toutes les cartouches”.
Un monument de l’opportunisme marketing des années 90. À ranger au musée des mauvaises idées.
18. Crazy Bus (Mega Drive, 2004) — Un bus, c’est tout
Jeu non officiel vénézuélien sorti tardivement sur Mega Drive, Crazy Bus est célèbre pour être techniquement catastrophique — son et image compris. Et sa jaquette est à l’avenant : un bus coloré approximatif dessiné à l’arrache, sur fond criard, sans le moindre effort de composition.
Devenu culte chez les amateurs de curiosités, Crazy Bus prouve qu’une mauvaise cover peut, paradoxalement, assurer une forme d’immortalité.
19. Cho Aniki (PC Engine, 1992) — Le WTF assumé
Celui-ci est différent : sa jaquette est ratée volontairement, ou du moins totalement décomplexée. Ce shoot’em up japonais met en scène des hommes extrêmement musclés dans des poses improbables, dans un délire visuel psychédélique assumé. On ne sait jamais vraiment si c’est du génie ou du grand n’importe quoi.
Cho Aniki est devenu une saga culte précisément grâce à cette esthétique borderline. La preuve que le mauvais goût peut devenir une signature.
20. Pit-Fighter (1990) — Les photos qui font peur
Pionnier des graphismes numérisés (acteurs réels photographiés puis intégrés au jeu), Pit-Fighter reporte cette technique sur sa jaquette… avec des résultats grotesques. Les combattants photographiés paraissent flous, figés et bizarrement éclairés, loin de l’effet “réaliste” espéré.
Une illustration qui a vieilli de la pire des façons. Elle clôt parfaitement ce panthéon du ratage pixelisé.
Pourquoi ces ratages valent parfois plus cher aujourd’hui
Ironie du sort : une jaquette moche ne dévalue pas forcément un jeu. Au contraire. Certaines boîtes complètes en bon état s’arrachent aujourd’hui précisément à cause de leur réputation. Voici comment les collectionneurs classent ces fiascos :
| Type de ratage | Exemples | Pourquoi c’est devenu culte |
|---|---|---|
| L’illustration hors-sujet | Mega Man, Phalanx, Final Fantasy | Aucun rapport avec le jeu |
| La photo détournée | Metal Gear, Ironsword, Rambo | Un visage “emprunté” |
| La censure visible | Last Battle, Mystic Defender | Identité effacée |
| Le vide artistique | Super Pitfall, Deadly Towers | Zéro ambiance |
| Le WTF total | Crazy Bus, Cho Aniki, Shaq Fu | Trop absurde pour être vrai |
Une boîte d’origine, même hideuse, peut faire grimper la cote d’un jeu. Pour comprendre cette mécanique, notre article sur les collectors les plus chers du retrogaming explique comment la rareté et l’anecdote créent la valeur. Et si tu chasses ces pépites en brocante, apprends d’abord à reconnaître une fausse cartouche.
Au-delà de la boîte : jouer aux vrais jeux
Le plus beau dans tout ça ? Derrière ces pochettes catastrophiques se cachent souvent de vrais chefs-d’œuvre. Mega Man, Metal Gear, Final Fantasy : des légendes trahies par leur emballage, mais intactes manette en main.
Chez Astra Retrogaming, notre console retro gaming Astra-Heroes embarque de la NES à la PS2, de quoi lancer Mega Man, Castlevania ou Final Fantasy sans se soucier de la boîte — juste du jeu. Pour l’ambiance borne d’arcade complète, la valise Astra-Core et ses joysticks rétroéclairés remettent les classiques au centre du salon. Notre boutique de consoles rétro couvre quasiment chaque machine citée dans ce classement.
D’autres classements décalés à dévorer
Si ce voyage dans le mauvais goût t’a amusé, continue avec ces lectures :
- Les pubs de jeux vidéo les plus WTF des années 80-2000
- Top 20 des bugs de jeux vidéo devenus cultes
- Les meilleurs jeux vidéo de tous les temps
- Les jeux au nom différent entre Japon, USA et Europe
Le mot de la fin
Une jaquette ratée, c’est un peu la cicatrice attachante du rétrogaming. Ce Mega Man jaune au pistolet, ce papy au banjo, ce bus vénézuélien bancal — autant d’erreurs devenues trésors, preuves qu’à l’époque, on achetait un jeu à l’aveugle, le cœur battant, sans savoir si le pixel tiendrait la promesse du carton. Aujourd’hui, on sourit devant ces horreurs. Mais au fond, on les aime. Parce qu’une cover trop parfaite se regarde… alors qu’une cover ratée, elle, se raconte.
Vous avez lu ce classement. Il tient dans une boîte.
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